Municipales à Rennes (suite)

Suite de la série sur les municipales à Rennes pour Metronews

À Rennes, la gauche conserve son bastion


Photo DR/Tangi Loisel/Metronews

Pour la première fois de son histoire, Rennes sera dirigée par une femme. La tête de liste socialiste, Nathalie Appéré, 38 ans, a recueilli 55,83% des suffrages. La droite a obtenu quant à elle 44,16% des voix. L'abstention est de 46,61%. Malgré un contexte difficile, la gauche est donc parvenue à conserver la capitale bretonne, qu'elle détient depuis 1977. Grâce, notamment, à une alliance entre les deux tours avec la liste « Changez la ville » (EELV-Front de gauche), qui avait réalisé un score de 15% au premier tour.
« C'est un score très net, et j'en suis très heureuse, s'est réjouie Nathalie Appéré. La confiance des Rennaises et des Rennais m'honore et m'engage ». Elle a déjà listé ses priorités : « L'emploi, la qualité de vie et son excellence environnementale, la cohésion sociale et le pouvoir d'agir ensemble ». Pour l'épauler dans sa mission, elle proposera le nom de Sébastien Sémeril pour le poste de premier adjoint. L'installation de l'équipe municipale aura lieu vendredi prochain. Et elle a déjà prévenu : « Je préfère que l'on m'appelle Madame la maire ».

La droite en progression

Le candidat de la droite a quant à lui relativisé sa défaite. « La marche était haute à franchir, reconnaît Bruno Chavanat. Mais le score de la droite est en belle progression par rapport à la dernière municipale : nous n'avions alors réalisé qu'un score de 27% ». Il a taclé au passage la future équipe majoritaire, en dénonçant l'alliance entre la liste de Nathalie Appéré et celle de « Changez la ville ». « Près de la moitié de l'équipe municipale entend en réalité jouer un rôle d'opposition. C'est inquiétant pour la crédibilité de la municipalité. »

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Municipales à Rennes (suite)

Suite de la série sur les municipales à Rennes pour le site Metronews.fr

Municipales: à Rennes, le courrier du directeur du TNB qui dérange

François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de Bretagne, s'est fendu d'un courrier défendant le bilan artistique et culturel de la majorité socialiste sortante. Un courrier qui a été diffusé auprès des 14 000 abonnées de l'institution. De quoi faire bondir les candidats de l'opposition.

Photo DR (Tangi Loisel/Metronews)

C'est un soutien dont la majorité socialiste sortante aurait probablement voulu se passer. Pas pour des raisons de personnalité : François Le Pillouër, 61 ans, à la tête du Théâtre national de Bretagne depuis 1994, est déjà connu pour être un soutien de la candidate de la majorité socialiste sortante, Nathalie Appéré. Mais c'est la méthode qui choque : il a envoyé jeudi dernier un courrier aux 14 000 abonnés du TNB dans lequel il défend le bilan de l'équipe municipale sortante. "Rennes est une ville éveillée, dynamique, propositionnelle, qui mérite de poursuivre une politique artistique et culturelle ambitieuse", y écrit-il, avant de fustiger "quelques candidats, abandonnés du ciel et des électeurs" qui "veulent diminuer fortement les subventions des institutions [culturelles]". Un courrier qui fait polémique, car le TNB est subventionné à hauteur de 2,9 millions d'euros par an par la Ville.
Matthieu Theurier, tête de la liste EELV-Front de gauche, qui prône notamment un rééquilibrage des subventions "au profit de la diversité culturelle", a aussitôt réagi : "L'utilisation d'une base mails d'abonnés d'un théâtre public par son propre directeur pour soutenir la majorité sortante (...) en insultant au passage les autres candidats, est un véritable déni de démocratie".
Dénonciation de clientélisme
Les autres candidats déclarés ne sont pas en reste : Bruno Chavanat, candidat UMP-UDI-Modem a organisé une conférence de presse commune avec une autre candidate, Caroline Ollivro (divers droite). "Nous avons pris des initiatives pour que ce grave franchissement de ligne rouge ne reste pas sans suite, prévient-il. Nous avons effectué les constats et nous nous réservons dans un second temps la possibilité de donner des suites juridiques à ce grave écart." La liste Rennes alternative de Rémy Lescure dénonce quant à elle le "clientélisme de la majorité sortante et une collusion malsaine de la part de certains acteurs du monde associatif rennais" et réclame la démission, sans indemnité compensatoire, du directeur du TNB.
Nathalie Appéré s'est de son côté rapidement désolidarisée de l'initiative de François Le Pillouër, dans un bref communiqué : "Si chacun est légitime pour exprimer un point de vue sur les enjeux électoraux, utiliser une lettre aux abonnés pour le transmettre et le diffuser est pour le moins inopportun, écrit-elle. Je condamne totalement cette initiative personnelle." Sauf que, pointe Bruno Chavanat, "comment Madame Appéré peut-elle nous faire croire qu'elle n'était au courant de rien, alors que l'un de ses colistiers n'est autre que le directeur de la communication du TNB ?"

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Municipales à Rennes (5)

Suite de la série d'articles sur les municipales à Rennes pour le site metronews.fr

Municipales : à Rennes, l'idée d'un "RER" fait son chemin

Question transports, Rennes fait plutôt figure de bonne élève avec son métro, ses bus et ses vélos en libre-service. Mais des points noirs existent, que ne manquent pas de pointer les adversaires de la majorité socialiste sortante.

Photo DR (TL/Metronews)

Douze ans après la construction de sa première ligne de métro, le Val, Rennes s'est de nouveau transformé en chantier à ciel ouvert. Car la majorité municipale socialiste a engagé depuis cette année les travaux de la deuxième ligne. Elle n'en a pas fait un enjeu de l'élection, même si elle rappelle qu'il s'agit d'un projet pourvoyeur d'emplois. Ses adversaires l'ont bien compris : la plupart n'envisagent pas d'abandonner un projet déjà sur les rails, et dont la première version a emporté l'adhésion des Rennais. Ils sont près de 40 millions par an à utiliser ce moyen de transport. À peine certains, comme Rémy Lescure, se prononcent pour un "étalement dans le temps" du chantier, ou d'autres, comme Caroline Ollivro, pour une modification du tracé en centre-ville.
Mais c'est sur un autre problème que se focalisent les candidats de l'opposition. "La deuxième ligne de métro n'apportera aucune réponse aux populations les plus précaires qui sont contraintes de vivre en dehors de Rennes", estime la liste "Changez la ville" (EELV-une partie du Front de gauche). D'où l'idée de la création d'un "RER rennais", qui profiterait du réseau ferré en étoile au cœur de laquelle Rennes est située, et qui traverse seize des 38 communes de la métropole et huit des douze quartiers rennais. Un projet chiffré à 450 millions d'euros par la liste "Changez la ville", et qui a été repris... par la droite.
Questions sur le financement
Bruno Chavanat (UDI-UMP) estime que cela répondrait à l'engorgement du centre-ville par les voitures. Il s'engage à mettre en place ce RER, mais se refuse pour le moment à chiffrer son coût. La majorité socialiste ne ferme pas non plus la porte à ce projet, mais estime qu'il faut auparavant lancer des études sur sa faisabilité. Elle se prononce surtout en faveur de la construction de nouveaux parkings relais et de la création de "conseils de mobilité".
Autre point de débat : le vélo. Rennes possède pourtant depuis 2009 d'un service de libre-service. Mais la part de ce mode de transport reste faible dans les déplacements : seulement 5 %, alors qu'elle était de 11 % en 1979. Bruno Chavanat veut ainsi "multiplier par trois l'usage du vélo en six ans", en créant un maillage de voies rapides cyclistes ou encore en imaginant une "Maison du vélo" qui proposera prêts gratuits et service de réparation. "Changez la ville" se prononce également pour des mesures visant à développer l'usage du vélo, tout comme la liste de la maire sortante.
Municipaliser les transports ?
Enfin, certains candidats veulent promouvoir les transports en commun avec une gratuité ponctuelle, à certains moments et sur certains itinéraires. C'est le cas de la liste Rennes alternatives de Rémy Lescure et de Changez la ville. Valérie Hamon (Lutte ouvrière) veut une remunicipalisation des services de transports. Enfin, Rennes Bleu marine propose une "super-rocade" supplémentaire autour de la ville pour contrer les bouchons.

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Municipales à Rennes (4)

A Rennes, bataille de chiffres autour de la fiscalité

Pour lancer la campagne, les candidats de droite ont décoché leurs premières flèches en direction de la majorité sortante. Sur un sujet crucial : la gestion des finances de la Ville avec la douloureuse question des impôts locaux.

Photo TL/Metronews
Le sujet des finances de la Ville a entraîné une première polémique pour les élections municipales à Rennes. Bruno Chavanat, tête de la liste « Osons Rennes » (UDI-UMP-Modem), a tiré le premier, lors des derniers conseils municipaux. S'il reconnaît que « la situation des finances est actuellement saine », comme l'atteste un récent rapport de l'institut Montaigne, il dénonce la hausse en cinq ans des prélèvements de la taxe d'habitation de la Ville et de la métropole, autour de 39% selon lui. « Une hausse insupportable », renchérit la tête de la liste « Rennes alternatives », Rémy Lescure.

 « Mauvaise foi », rétorque l'équipe municipale socialiste sortante. Pour la liste « Rennes, créative et solidaire », conduite par Nathalie Appéré, si l'assiette fiscale (qui englobe taxe d'habitation et taxes foncières) a bien augmenté de 30%, c'est surtout due à trois facteurs: le dynamisme démographique de la ville, la revalorisation des bases fiscales décidée par la loi et enfin l'augmentation en 2009 et 2010 des taux d'impositions pour tenir compte des baisses de dotation de l’État.

"Cela est-il bien sérieux?"


La question est centrale : les candidats de ce scrutin savent que les électeurs veulent savoir si leurs impôts augmenteront encore. Bruno Chavanat s'engage « à ne pas augmenter les impôts, sur tout le mandat » et propose des « efforts » avec un audit sur les investissements importants et « une rationalisation des dépenses ». Ce qui ne l'empêche pas d'être taclé par Rémy Lescure qui estime que les nombreux projets qu'il envisage (aréna, centre de congrès, maison d'assistantes maternelles...) vont coûter cher. « Cela est-il bien sérieux ?, s'interroge-t-il. Ou alors il faut qu'il dise comment on fait et dans quels secteurs se font les économies ».

Nathalie Appéré propose quant à elle de « stabiliser l'effort fiscal » et de ne pas augmenter les taux des impôts locaux, avec un credo : « 1€ dépensé est 1€ utile ». La liste Changez la ville ! (EELV-Front de gauche) s'engage de son côté à ne pas augmenter la fiscalité locale des ménages pendant trois ans pour ensuite la faire peser prioritairement sur les entreprises. Et se prononce pour un impôt local basé sur le revenu, « pour une fiscalité qui tienne compte des ressources de chaque foyer ».

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